Un pronom relatif relie une proposition à son antécédent et le remplace dans une proposition subordonnée relative. Il peut être sujet, complément d’objet ou complément introduit par une préposition : qui, que, dont, où, lequel et ses formes composées sont les plus courants.
« Nous lisons un livre. Ce livre parle des volcans. » Un enfant peut connaître ces deux phrases, puis hésiter dès qu’il faut les réunir. En douze ans d’instruction en famille, j’ai constaté qu’une manipulation courte, orale puis écrite, rend les pronoms relatifs beaucoup moins abstraits. Le bon réflexe consiste à retrouver le nom remplacé, puis à demander quelle place ce mot occupe dans la seconde idée. Cette démarche éclaire le choix de qui, que, dont ou où. Pour approfondir : Le Décret relatif à l’Instruction en famille change vos démarches.
Qu’est-ce qu’un pronom relatif ?
Un pronom relatif relie une proposition à un nom ou groupe nominal appelé antécédent. Il remplace cet antécédent dans la proposition subordonnée relative, tout en y ayant un rôle grammatical. Ainsi, « Nous lisons un livre. Ce livre parle des volcans » devient : « Nous lisons un livre qui parle des volcans. » Le mot « qui » évite la répétition et apporte une précision sur le livre.
Pour accompagner votre enfant, gardez trois repères simples : l’antécédent est le mot repris ; la proposition subordonnée relative est l’information ajoutée ; la fonction indique le rôle du pronom auprès du verbe. Un pronom relatif se distingue donc des pronoms personnels, démonstratifs ou possessifs : il sert spécialement à rattacher une relative à son antécédent. Le Robert distingue notamment les relatifs définis, qui renvoient à un antécédent exprimé, et les formes indéfinies. En grammaire française, comprendre ce lien avant d’apprendre les formes rend les exercices beaucoup plus concrets.
L’antécédent : le nom auquel le pronom se rapporte
Invitez l’enfant à souligner l’antécédent avant tout choix de pronom : « Le cahier qui est sur la table appartient à Léo. » « La recette que nous préparons sent bon la cannelle. » « Le musée où nous allons se trouve près du voisin dont je vous parle. » Le pronom ne se choisit pas selon le nom placé juste avant lui : il dépend de sa fonction dans la relative. Dans « la recette que nous préparons », on prépare quoi ? La recette : « que » est complément d’objet direct.
Comment reconnaître un pronom relatif dans une phrase ?
Un pronom relatif introduit une information à propos d’un nom déjà présent : « L’enfant qui vient apporte son dessin. » Il faut vérifier qu’il relie bien une proposition au nom « enfant » et qu’il exerce une fonction dans cette proposition. Voici une démarche facile à reprendre sur le tableau, dans un cahier ou à l’oral :
- Repérez le nom ou groupe de mots repris, c’est-à-dire l’antécédent.
- Isolez la proposition relative : elle commence au pronom et complète l’antécédent.
- Posez une question au verbe de la relative afin de trouver la fonction du pronom.
Ne confondez pas le relatif et l’interrogatif. Dans « Qui vient ? », « qui » sert à poser une question. Dans « L’enfant qui vient », il relie « enfant » à « vient ». À la maison, donnez deux phrases : « Nous observons un papillon. Le papillon se pose sur la lavande. » L’enfant les assemble, puis explique : « Nous observons un papillon qui se pose sur la lavande. » Les ressources de TV5MONDE proposent des exemples utiles pour prolonger ce repérage.
Le test de la fonction dans la proposition relative
Le verbe de la relative donne la réponse. « Le garçon qui dessine » : qui est-ce qui dessine ? Le garçon, donc « qui » est sujet. « Le dessin que le garçon termine » : il termine quoi ? Le dessin, donc « que » est COD. « Le livre dont il parle » : il parle de quoi ? Du livre, donc « dont » reprend « de ». Attention : une personne n’appelle pas automatiquement « qui ». On dit « la personne que nous invitons », car nous invitons qui ? La personne ; « que » est ici nécessaire.
Les principaux pronoms relatifs simples et invariables
Les pronoms relatifs simples les plus courants sont « qui », « que », « dont », « où » et « quoi ». Ils sont invariables : leur forme ne change ni avec le genre ni avec le nombre de l’antécédent. Leur emploi, lui, dépend de la fonction.
« Qui » est sujet : « Le chat qui dort sur le fauteuil ne bouge pas. » Transformez : « Nous avons vu un écureuil. L’écureuil traversait le jardin. » « Que » est COD : « Le documentaire que nous regardons parle des océans. » Transformez : « J’ai choisi une poésie. Tu apprends cette poésie. » « Dont » remplace un complément construit avec « de » : « Voici l’artiste dont nous admirons les tableaux. » « Où » indique un lieu ou un moment : « La bibliothèque où nous travaillons est calme » ; « le matin où nous avons commencé la leçon ».
« Quoi » s’emploie surtout après une préposition ou sans antécédent précis : « Voilà de quoi nourrir notre réflexion. » Pour les formes fondamentales, les repères de TV5MONDE et les Animations des Fondamentaux de Réseau Canopé sont de bons appuis. Enfin, l’accent compte : « où » est un pronom relatif ; « ou » marque un choix, comme dans « thé ou chocolat ».
« Dont » et « où » : les deux confusions les plus fréquentes
Retenez la question cachée derrière « dont » : de qui ? de quoi ? « Le livre dont je parle » signifie « je parle de ce livre ». En revanche, « où » renvoie à un lieu ou à un temps : « La salle où nous faisons les expériences » ; « le jour où nous avons commencé l’IEF ». Pour une mini-dictée familiale, proposez : « Où vas-tu travailler : au salon ou dans ta chambre ? » L’enfant entoure « où » lorsqu’il indique un lieu et « ou » lorsqu’il présente une alternative.

Lequel, auquel, duquel : choisir le pronom relatif composé
Les pronoms relatifs composés suivent une logique très utile : la préposition demandée par le verbe ou l’expression guide le choix. On emploie « lequel », « laquelle », « lesquels » et « lesquelles », souvent après une préposition. Par exemple : « Le dossier sur lequel nous travaillons concerne les abeilles » ; « La sortie pour laquelle nous préparons un pique-nique est reportée. » Ces formes s’accordent avec l’antécédent.
Avec « à », « lequel » se contracte : « Le projet auquel nous participons rassemble plusieurs familles. » Avec « de », il devient « duquel » : « Le sujet duquel nous discutons revient souvent dans nos lectures. » Toutefois, « dont » convient lorsque la relation est directement construite avec « de » : « Le livre dont je parle. » Il ne convient pas lorsque « de » appartient à une locution : on dira « le banc à côté duquel nous avons déjeuné », « l’expérience grâce à laquelle nous avons compris » ou « le livre à propos duquel nous échangeons ».
Essayez avec le planning des sorties : « Nous avons modifié un planning. La visite dépend de ce planning. » Votre enfant cherchera la préposition avant de proposer : « le planning duquel dépend la visite » ; une reformulation plus naturelle sera souvent préférable, mais la manipulation révèle la construction. Alloprof et Lingolia offrent des pistes d’entraînement complémentaires.
Pourquoi « à qui » n’est pas toujours remplacé par « auquel »
Devant une personne, « à qui » est la forme la plus naturelle : « Le voisin à qui je parle connaît bien le quartier. » « Auquel » est la contraction de « à lequel » ; il renvoie au masculin singulier et s’emploie volontiers avec une chose ou une notion : « Le projet auquel je participe demande de la patience. » Pour une fille ou une femme, on dira « à laquelle » : « La conférencière à laquelle nous écrivons répondra bientôt. » L’antécédent et la préposition restent vos deux boussoles.
Pronoms relatifs indéfinis, erreurs courantes et révision en IEF
Les relatifs indéfinis constituent un approfondissement : « quiconque », « qui que ce soit » ou « quoi que » ne reprennent pas toujours un antécédent formulé. Ils deviennent bien plus accessibles lorsque l’enfant maîtrise déjà « qui », « que », « dont » et « où ». Inutile de tout présenter en même temps : une grammaire vivante avance par manipulations répétées.
Les erreurs les plus fréquentes révèlent souvent une question oubliée. « Qui » est parfois choisi parce que l’antécédent est une personne, alors que « que » est COD. « Dont » est parfois ajouté devant une expression qui contient déjà « de », comme « à côté de » : il faut alors employer une forme de « lequel ». Pensez aussi à l’accord de « laquelle », « lesquels » et « lesquelles », ainsi qu’à l’accent de « où ».
En IEF, partez d’un centre d’intérêt réel : une observation d’oiseau, un roman, une recette ou une visite. L’enfant lit, relie oralement deux énoncés, copie la phrase corrigée, puis crée sa propre phrase. Les programmes de français consultables sur Légifrance et les ressources de l’Éducation nationale donnent un cadre ; votre observation quotidienne permet d’ajuster le rythme. L’objectif n’est pas de réciter une liste isolée, mais d’entendre le lien logique entre les idées.
Une routine de dix minutes pour consolider les acquis
Commencez par lire une phrase modèle à voix haute : « Le roman que nous lisons se déroule en montagne. » Proposez ensuite deux phrases à relier, puis demandez une justification orale : quel mot est repris, et quelle question pose-t-on au verbe ? Terminez par une phrase personnelle liée à la journée. Gardez les erreurs dans un petit carnet d’observation plutôt que de les effacer aussitôt : elles montrent précisément la notion à reprendre dans les lectures, les dictées ou les conversations du quotidien.
Réponses à vos questions
Un pronom relatif relie un nom, appelé antécédent, à une proposition qui apporte une précision sur ce nom. Dans « Le livre qui est ouvert », « qui » reprend « livre » et introduit l’information « est ouvert ». Il a aussi une fonction grammaticale dans cette proposition.
Quels sont les principaux pronoms relatifs ?
Les formes les plus utiles à connaître sont « qui », « que », « dont », « où » et « quoi ». Les formes composées comprennent « lequel », « laquelle », « lesquels », « lesquelles », ainsi que « auquel » et « duquel ». Le bon choix dépend toujours de la fonction et de la préposition.
Quels pronoms relatifs sont invariables ?
« Qui », « que », « dont », « où » et « quoi » sont invariables : leur orthographe ne change pas selon l’antécédent. En revanche, « lequel » et ses variantes s’accordent. Dans tous les cas, l’enfant doit chercher la fonction du pronom avant de choisir sa forme.
Cherchez un mot qui reprend un nom déjà cité et introduit une précision à son sujet. Isolez ensuite la proposition qu’il commence, puis interrogez le verbe. Si le mot relie l’antécédent à cette proposition et y joue un rôle, c’est un pronom relatif.
Quand emploie-t-on « à qui » comme pronom relatif ?
On emploie couramment « à qui » lorsque l’antécédent est une personne : « La personne à qui j’écris me répond. » La préposition « à » est imposée par le verbe « écrire à ». Avec une chose ou une notion masculine, on utilise plus volontiers « auquel ».
Comment utiliser « où » comme pronom relatif ?
« Où » peut reprendre un lieu : « La maison où nous habitons. » Il peut aussi reprendre un moment : « Le jour où nous sommes partis. » Il prend toujours un accent dans cet emploi. Sans accent, « ou » exprime un choix entre des possibilités.
Le sujet en quelques lignes
« Qui » est généralement sujet du verbe dans la proposition relative, tandis que « que » y occupe généralement la fonction de complément d’objet direct.
« Dont » remplace le plus souvent un complément construit avec de, mais les groupes comme « à côté de » ou « à propos de » appellent généralement une forme de lequel.
Oui. « Où » peut introduire un complément de lieu, mais aussi de temps, comme dans « le jour où nous nous sommes rencontrés ».
Partir de deux phrases courtes à assembler aide l’enfant à entendre le lien entre l’antécédent et l’information ajoutée avant d’aborder les fonctions grammaticales.
Pour accompagner votre enfant, partez de deux phrases courtes issues de son quotidien, puis fusionnez-les en repérant l’antécédent. Demandez ensuite : « Le mot remplace-t-il le sujet, un complément ou un lieu ? » Quelques transformations régulières valent mieux qu’une longue liste apprise par cœur. Gardez une phrase-couleur ou un carnet d’exemples pour réviser les formes rencontrées.
